Vers des produits certifiés « sans carbone »

juillet 31st, 2008

Après les certifications « équitable », « biologique » et « sans OGM », les consommateurs soucieux de l’environnement pourraient bientôt chercher les petits sigles « sans carbone » sur les produits qu’ils achètent.

Le projet sera lancé à la fin de juillet par la Fondation américaine Carbonfund.org. Son objectif : fournir aux entreprises une certification « claire, transparente et pratique » que les gaz à effet de serre (GES) émis au cours du cycle de vie d’un produit seront compensés par des mesures équivalentes de séquestration du carbone.

Une première version de ce protocole avait déjà été inaugurée en juillet 2007 et quelques compagnies américaines affichent déjà le sigle bleu et blanc « sans carbone » sur leurs produits, dont le sucre de marque Florida Crystals Organic Sugar ou le miel Royal Hawaiian Honey.

« Le but de cette certification est d’encourager les compagnies à comprendre les bénéfices de compenser l’empreinte carbonique de leurs produits », explique Julia Farber, responsable du programme de certification des produits chez Carbonfund.org.

Pour certifier les bonnes pratiques
Certaines compagnies aux intentions douteuses pratiquent l’écoblanchiment, qui consiste à se donner l’image d’une entreprise écologiquement responsable par des techniques de marketing trompeuses telles que l’inscription de « vert » ou « bon pour l’environnement » sur les étiquettes de leurs produits. En revanche, les fabricants qui souhaitent voir leurs produits certifiés doivent mesurer l’empreinte carbonique de ceux-ci et la neutraliser en finançant des initiatives de séquestration du carbone, comme la plantation d’arbres.

L’empreinte carbonique d’un produit comprend tous les GES qui sont émis au cours de son cycle de vie. La mesurer peut devenir très complexe, « mais c’est certainement possible avec les données de plus en plus complètes dont nous disposons », dit Mme Farber.

« Il faut d’abord identifier tous les matériaux utilisés dans la confection du produit », explique Bev Sauer, ingénieure chimique pour la firme américaine Franklin Associates, spécialisée dans les évaluations du cycle de vie de produits. « Nous rassemblons ensuite l’information sur chacune des étapes de production, de l’extraction de la matière brute jusqu’à la finition du produit, y compris son emballage et son transport. En intégrant dans un modèle les données sur l’énergie utilisée et les déchets produits à chacune des étapes, on calcule les émissions totales ».

« Évidemment, plus le produit comprend de pièces, plus c’est compliqué, ajoute Mme Farber. Même pour les produits simples, il n’est pas possible de calculer l’empreinte exacte. »

On peut facilement imaginer la complexité de calculer l’empreinte d’un produit dont les pièces proviennent de dizaines de fournisseurs différents répartis aux quatre coins de la planète, dans des pays où les processus de fabrication sont peu documentés. « Trouver les données est le plus gros défi, confirme Mme Sauer. Il est aussi difficile de calculer l’empreinte laissée par l’usage et la fin de vie d’un produit lorsqu’il est entre les mains du consommateur ». Malgré les écueils, les firmes de consultants spécialisées comme celle de Mme Sauer sont capables d’estimer l’empreinte de la plupart des produits de consommation.

Mais où s’arrêter dans le calcul des émissions secondaires? Faudrait-il inclure le méthane qu’émet un aliment lorsqu’il est digéré par le corps humain ou se décompose dans un site d’enfouissement? Devrait-on tenir compte du transport des employés ayant participé à la fabrication du produit pour se rendre à leur travail? Celles de la nourriture qu’ils ont dû ingérer pour fournir l’effort physique nécessaire? On imagine facilement la liste sans fin de sources secondaires de GES.

« Nous ne visons pas la perfection. Dans le domaine de l’environnement, le principe de précaution prévaut sur le besoin d’exactitude », relativise Renee Morin, analyste d’expérience chez Clear Carbon Consulting.

Par exemple, lorsqu’elle calcule l’empreinte d’un journal pour une entreprise, Mme Morin remonte jusqu’aux moulins à scie, mais pas jusqu’aux coupes forestières; elle calcule les émissions des carburants brûlés, mais pas de l’extraction pétrolière. Et à défaut de constater de visu si le journal est recyclé, elle se fie au taux de recyclage moyen du papier aux États-Unis : 88 %. « Heureusement, le corps d’études et de données sur les GES émis par les industries est de plus en plus complet », dit-elle.

Elle est aidée en cela par le fait que de plus en plus de compagnies effectuent leur « empreinte corporative », notamment afin de déterminer où des gains énergétiques peuvent être accomplis.

L’initiative de protocole sur la certification de produits « sans carbone » de Carbonfund.org est « louable », pense Mme Morin, même si le terme « carbone neutre » serait plus fidèle à la réalité puisque les émissions de GES sont compensées plutôt qu’éliminées.

L’experte est d’avis que le domaine de certification de produits est prometteur puisqu’il produit un effet d’entraînement sur tous les fournisseurs de la chaîne de production. « Plus on remonte les chaînes de production, plus on engage d’acteurs, dit-elle. La divulgation des émissions de gaz à effet de serre devient alors un effort de groupe ».

Selon Carbonfund.org, 60 % de l’empreinte carbonique de chaque Américain provient des produits qu’il achète. Le reste provient de son usage énergétique à la maison, en voiture ou en avion.

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Le développement durable :une autre façon de consommer

juillet 23rd, 2008

Petit à petit, le développement durable fait son nid :-)

Petit à petit, les consommateurs que nous sommes comprennent qu’il ne suffit pas de soutenir oralement le développement durable mais qu’il nous faut changer un peu, beaucoup puis passionnément notre façon de consommer, pour agir concrètement sur les 3 grands piliers du DD :

1/ Protéger l’environnement,

2/ Respecter les droits fondamentaux des travailleurs (consommation éthique)

3/ Garantir aux petits producteurs des pays du Sud des revenus leur permettant de vivre décemment (commerce équitable).

Bonne nouvelle : plus de 54% des français ont déjà entendu parler de la “consommation durable”. L’étude de l’Institut LH2 qui a réalisé cette enquête en 2007 montre que cette connaissance est avérée quelle que soit la catégorie socio-professionnelle. Autrement dit, consommer durable ne serait pas un effet de mode restreint à un groupe d’initiés ou de privilégiés mais bien un phénomène susceptible de “parler” à toute la population !

Le portail e-solidr.com s’inscrit dans cette démarche de consommation durable en proposant aux internautes de planter des arbres gratuitement à quasiment chacun de leurs achats en ligne. L’internaute peut ainsi continuer à réaliser ses achats sur la plupart des sites dont il a l’habitude et créditer des arbres dans son compte personnel “Ma fôret”. Une fois sensibilisé, l’internaute est invité à consommer bio et durable sur les sites partenaires de e-solid’R.

Posted by AG and filed under 0. NEWS & ACTUALITES, 6. LE "BIO" | No Comments »

“PASSEPORT ECO-PRODUIT” de l’ADEME

juillet 22nd, 2008

Consommer UTILE en passant par e-solid’R, 1er portail de reforestation en ligne est essentiel. En effet, ceci permet de transformer nos actes quotidiens de commandes et d’achats en ligne en une participation individuelle, efficace et traçable à la lutte contre la déforestation.

Cependant, il ne faut pas pour autant oublier de BIEN CONSOMMER.

Pour cela, le consommateur que nous sommes tous est actuellement saturé de logos et indications en tous genres. Bien rares sont ceux capables de comprendre ce nouveau langage des signes qui vous assaille aussi bien au détour d’un supermarché que sur les espaces d’achats en ligne du net.

Pour y voir plus clair, l’ADEME a mis au point un petit guide qui vous sera bien utile.

QUELQUES QUESTIONS pour vous en convaincre :

Connaissez-vous la signification des logos écologiques : NF-Environnement, Ecolabel européen, Energy Star,… ?

Y a-t-il des logos écologiques pipos qui n’apportent rien au consommateur ? (eh oui ! il y en a…)

Qu’est-ce qu’un Eco-produit ? Comment fonctionne le recyclage ?

Comment BIEN consommer en évaluant la pertinece écologique de vos achats ?

Quelles sont les gammes de produits qui sont déjà écolabelisés ?

nf_environnement.gif ; logo_point_vert.gif ; ecolabel_europ.jpg ; energy-star.jpg ; …etc…

Autant de questions auxquelles vous trouverez réponse dans ce “Passeport Eco-produit” de l’ADEME.

TELECHARGEZ ICI LE PASSEPORT ECO-PRODUIT de l’ADEME (fichier PDF).

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Qu’est ce que la “consommation durable” ?

juillet 22nd, 2008

Une étude en 2007 menée par l’Institut LH2 en France a montré que “la Consommation Durable était un principe dont la formulation s’avérait relativement familière mais dont les valeurs d’éthique sociale étaient bien moins reconnues que les valeurs environnementales”.

Le tableau ci-dessous, repris de l’étude LH2, illustre parfaitement ce phénomène :

Enquete 2007 sur la consommation durable Institut LH2
Ainsi, la prédominance de l’environnemental sur le social dans l’appréhension qu’ont les gens de la consommation dite durable se traduit par la valorisation relativement forte de ce mode de consommation comme moyen de résolution des problèmes environnementaux beaucoup plus que les problèmes sociaux.

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11.000 plantés lors du Congrès de La Réunion !

juillet 16th, 2008

La ReunionVous avez entendu parler du congrès qui s’est tenu début juillet à la Réunion sur le thème :  “L’Union européenne et l’Outre-mer : stratégies face au changement climatique et la perte de la biodiversité”.

Il s’agit d’une initiative de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) et de l’Union internationale pour la conservation de la Nature (UICN). Il s’agit d’une rencontre historique pour bâtir un monde sans pétrole qui a rassemblé plus de 350 participants venus de plus de 40 pays. Cette évènement marque un signe fort en faveur de l’environnement dans le cadre de la toute récente présidence française de l’Union Européenne.

Outre les différents constats sur les liens étroits entre réchauffement climatique, biodiversité et comportements humains, ce colloque a permi de souligner que sur la base d’un renforcement de la cohésion sociale, l’humanité doit faire face à un « enjeu de civilisation », comme l’a indiqué Paul Vergès. « Nous sommes dans une période de changement de modèle financier », a aussi souligné Jean-Louis Borloo.

Une action symbolique pendant le congès : 11.000 arbres seront plantés, essetntiellement à Madagascar

Aux côtés de l’ONERC et de l’UICN, la Région Réunion, l’ADEME, l’ONF et Planète urgence (les partenaires d’e-solid’R) ont signé vendredi dernier une convention visant à la plantation de plus de 11.000 arbres, dont 1125 à l’Etang-Salé et 10.000 à Madagascar.
Ces plantations ont vocation à compenser les émissions de CO2 dues aux déplacements des 450 participants au congrès qui ont notamment pris l’avion pour se rendre à La Réunion.

Philippe Beutin, directeur régional de l’ADEME, souligne le symbole de cet engagement. Il est aujourd’hui possible de calculer précisément les quantités d’émission. « Il est important de respecter ce principe dans toutes les grandes manifestations », précise-t-il.
Hervé Houin, directeur régional de l’ONF, indique quant à lui que cette action permettra de « contribuer à la plantation d’une zone nouvelle » dans « la forêt la plus fréquentée par les Réunionnais ».
Concrètement, il a été remis un chèque de 8.500euros à l’ONF pour la plantation de l’Etang-Salé. Planète urgence reçoit pour sa part un chèque de 10.000 euros pour son action à Madagascar.
Voila une belle action “e-solid’R” qui valorise les comportements citoyens et qui encourage à planter des arbres.

Posted by DC and filed under 0. NEWS & ACTUALITES, 2.3 Planter un arbre, 1. CO2 & GAZ A EFFET DE SERRE, 1.2 Démarche "Carbone neutre", 1.3 La reforestation | No Comments »

Accor s’investit dans le programme PNUE “Plantons pour la planète – la campagne pour un milliard d’arbres”

juillet 12th, 2008

L’engagement d’Accor, groupe mondial et leader européen dans l’hôtellerie, consistera en un programme de reforestation mondiale dont l’objectif est de financer des plantations d’arbres en investissant 50% des économies de blanchisserie. Accor annonce que ces économies devraient être obtenues grâce à l’attitude responsable des hôteliers et de leurs clients. Il consiste à engager les clients à conserver leur serviette de bain plus d’une nuit.

Ainsi, 52 hôtels sur les 4000 (!) du groupe Accor seraient déjà engagés dans une phase pilote et une campagne de sensibilisation de la clientèle devrait être mise en oeuvre vi a un document indiquant « Ici VOS serviettes plantent des arbres » disposé dans leur salle de bain.

Gilles Pélisson, Administrateur, directeur général du groupe Accor, annonce une perspective de financement de 3 millions d’arbres d’ici fin 2012.

Voila encore une initiaive dans la mouvence e-solidR.

Espérons que toutes les données sur les “économies générées” seront traçables.

Posted by DC and filed under 0. NEWS & ACTUALITES, 1.3 La reforestation, 7. INITIATIVES D'ENTREPRISES | No Comments »

Quand les chefs d’Etat et de gouvernement se mettent à planter des arbres !

juillet 9th, 2008

Plantation d’arbres pour les huit chefs d’Etat - G8 du 8 juillet

Plantation d'arbres pour els huit chefs d'Etat du G8

(Source : Reuters)

Au cours de la réunion du G8 le 8 juillet dernier, les chefs d’Etat des huit pays les plus industrialisés du Monde se sont accordés sur une réduction d’au minimum 50% d’ici 2050 des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

A l’issue de cette réunion, chacun s’est armé d’une pelle et a planté un arbre pour symboliser cet accord.

Posted by e-solid'R and filed under 0. NEWS & ACTUALITES, 1. CO2 & GAZ A EFFET DE SERRE | No Comments »

les investissements du secteur des énergies renouvelables.

juillet 9th, 2008

L'energie éolienne

Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP), les investissements du secteur des énergies renouvelables ont totalisé 204,9 milliards de dollars en 2007. L’éolien tire son épingle du jeu, et le secteur commence à peser en Bourse.
En 2007, les investissements mondiaux se sont élevés à 148,4 milliards de dollars dans les énergies renouvelables. L’investissement dans de nouvelles capacités de production a augmenté de 68 % en un an, atteignant 84,5 milliards de dollars. Selon l’agence New Energy Finance, l’investissement annuel dans les énergies renouvelables devrait tripler d’ici à 2012, et avoir quadruplé en 2020.

L’éolien est le grand gagnant de l’année : le secteur a raflé 43 % des investissements avec 50,2 milliards de dollars investis, devant le solaire (24 %) et les biocarburants (17 %).

les Pays émergents comme la Chine et Brésil et l’Inde continuent à attirer de plus en plus d’investissements. De 12 % en 2004, la part de ces pays dans le montant global investi est passée à 22 % en 2007. En Chine, notamment, où les capacités de production éoliennes ont plus que doublé, 10,8 milliards de dollars ont été consacrés à la construction de nouveaux sites. Au sein des pays émergents, le Brésil poursuit quant à lui ses efforts sur le secteur des biocarburants éthanol.

Posted by QW and filed under 0. NEWS & ACTUALITES, 4. ENERGIES RENOUVELABLES (ENR), 4.5 Energie éolienne, 4.1 Bio-carburant, 5. INDUSTRIES & TECHNOLOGIES ECOLOGIQUES | No Comments »

Carbox : Le jour où Sarbanes-Oxley s’appliquera aux émissions de Carbone…

juillet 7th, 2008

Pour comprendre l’influence croissante de la comptabilité carbone dans nos modèles économiques

1. Sarbanes-Oxley

Commençons par quelques mots de finances. Je vous rassure je ne suis pas financier, donc ça devrait aller vite…

L’histoire est simple : suite notamment à différents scandales financiers (Enron, WorldCom…), MM les sénateurs Paul Sarbanes et Mike Oxley ont promu en 2002 une loi pour réformer la comptabilité des sociétés cotées et renforcer la protection des investisseurs, en y imposant plus de contrôle et de transparence. Pour les remercier, et leur donnant du même coup une notoriété mondiale et durable, le marché tout puissant a surnommé cette loi Sarbanes–Oxley, SOX ou Sarbox pour les intimes, voire SOA pour « Sarbanes-Oxley Act »

Sarbox a donc rendu obligatoire une série de mesures, dont la responsabilisation personnelle des dirigeants sur la certification des comptes, la composition des comités d’audit, la formalisation du contrôle interne - notamment la visibilité et traçabilité des risques dans l’entreprise - bref tout ce qui peut rassurer le marché sur la solidité réelle de l’entreprise.

Dernier petit point, Sarbox va souvent de pair avec les normes IFRS, normes comptables internationales mises en place en 2005 et visant elles aussi à renforcer la clarté et la qualité de la communication financière, en pleine crise de confiance du marché (oops, déjà-vu ?)

2. Les émissions de carbone

Là-dessus pas grand-chose à dire, ou plutôt je ne vais pas essayer de résumer tous les autres articles de ce blog – dont je recommande vivement la lecture - en deux paragraphes.

Le point important à retenir est que l’idée fait son chemin parmi les grands de ce monde d’attaquer de plus en plus directement (c’est-à-dire en visant là où ça fait mal, juste au-dessus du cœur : le portefeuille) les émissions de gaz à effet de serre ou d’équivalents carbone. Pour l’instant le prix de l’énergie s’en charge, mais il est fort probable que nous verrons apparaître une forme de taxation, qu’elle soit dictée par les pouvoirs publics ou par les marchés sous forme de bonus-malus dans les cotations des sociétés, en rapport direct avec les émissions de ces mêmes sociétés.

3. Pourquoi Carbox ?

A ce stade, normalement vous avez compris mon raisonnement et je peux m’arrêter. Mais je vais quand même résumer pour le plaisir, voire simplifier à grands coups de machette : Sarbox traque les risques auxquels est soumise une société, les émissions de carbone représentent un risque donc… CQFD voici Carbox !

(Je précise en passant que ce terme américain commence à faire son apparition dans les articles Outre-Atlantique, mais qu’en France il désigne déjà notamment une société qui fabrique des rangements pour coffres de voitures, une société de location de voitures etc. – nous continuerons évidemment de nous intéresser ici au terme financier, reste à savoir comment il supportera la traversée de l’Atlantique…)

4. Conséquences

Parmi les conséquences de Carbox, deux me viennent immédiatement à l’esprit, mais il y en a probablement beaucoup d’autres dont nous ne manquerons pas de parler dans les prochains jours : la responsabilisation des dirigeants et l’intégration de la chaîne d’activité.

Et oui, si les dirigeants sont personnellement responsables de la certification des comptes de la société, ils vont aussi le devenir pour la comptabilité carbone. Donc non seulement de la véracité des chiffres publiés, mais aussi de la fiabilité et de la transparence du procédé de comptage, de contrôle interne, et de leur mise en œuvre effective.

Deuxième conséquence, faisons cette fois le parallèle avec les normes IFRS. Ainsi de la même manière qu’une société doit intégrer dans son bilan ceux des filiales qu’elle contrôle effectivement, qu’elle en soit l’actionnaire majoritaire ou pas, la totalité des émissions de carbone liées à l’activité d’une société devra être intégrée dans sa propre comptabilité carbone - pour les connaisseurs, il s’agit du scope 3 du Greenhouse Gas Protocol du WBCSD, qui pour l’instant est optionnel. Adeptes du 2.0 que vous êtes, vous aurez aussitôt compris l’importance de cette mesure pour la propagation en mode viral de la bonne tenue des comptes carbone !

En conclusion, deux points. D’abord, cette évolution marque une réelle avancée dans la rigueur de la comptabilité carbone, donc dans la rigueur des compensations. Et puis, en élargissant un peu le débat, si l’on considère que finalement Carbox, c’est « tout simplement » la transposition sur la comptabilité carbone de tous les principes et exigences de la comptabilité financière, c’est probablement, et sans en avoir l’air, un nouveau pas de géant dans la monétisation du carbone.

Pour l’inspiration, voir l’art. de Forbes du 03 juillet 2008: http://www.forbes.com

Posted by Francisco Silverio Marques and filed under 0. NEWS & ACTUALITES, 1. CO2 & GAZ A EFFET DE SERRE, 1.1 Bilan Carbone | No Comments »

Brésil : l’élevage intensif nuit à la politique climatique du pays

juillet 4th, 2008

BoeufAu Brésil, les Amis de la Terre ont publié un rapport alarmant sur l’expansion de l’élevage en Amazonie et son impact sur la déforestation. En effet, premier exportateur mondial de boeuf, la politique climatique du Brésil est principalement axée sur la lutte contre la déforestation. 
Selon les Amigos da Terra, antenne brésilienne des Amis de la Terre, ce ne sont pas la canne à sucre ni le soja qui dévorent l’Amazonie, mais le bœuf. En effet, l’Amazonie concentrerait, en 2007, 41% de l’abattage brésilien de bœufs sur un total de 25 millions de carcasses.
C’est en effet l’expansion du bétail amazonien (74 millions de boeufs soit 3,3 têtes par habitants mais 25% ne serait pas recensé) qui a permis au Brésil d’exporter plus de boeufs que les second et troisième exportateurs réunis.Mais qui mange donc ce boeuf peu vertueux ? L’Europe tout d’abord - la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Italie-, mais aussi la planète toute entière -Egypte, Etats-Unis, Chine, Russie, Israël, Arabie Saoudite, Côte d’Ivoire, Angola-. Conséquence de cette puissance : le secteur s’inquiète peu de la suspension temporaire des importations par l’Union Européenne en février 2008, à titre de représailles contre la déforestation. Ce n’est pas, cependant, le cas de Lula, qui a vécu l’annonce des chiffres  publiés en janvier par l’INPI (Institut National de Recherches Spatiales) comme une catastrophe.

arbreEn dix ans, 6000 habitants mais plus un seul arbre à couper

Pour un pays devenu un interlocuteur privilégié dans les négociations sur le climat, ces 9 à 12 millions de tonnes de CO2 dues à l’élevage amazonien (hors transport) sont assez mal venues, sachant que 20 à 25% des GES mondiaux sont dus à la déforestation. Selon Marina Silva, Ministre de l’Environnement depuis deux mandats et ancienne compagne de lutte du seringueiro Chico Mendès, c’est l’augmentation du prix de la viande bovine sur les marchés mondiaux qui est la cause de la déforestation. Car en Amazonie, il y a aussi des hommes qui réclament leur juste droit à une vie meilleure: 20 millions habitent cette région administrative grande comme 9 fois la France. C’est ce qu’on appelle l’« arc de déboisement ». Martine Droulers, géographe du CNRS spécialiste de l’Amazonie décrit le phénomène: « Des bûcherons s’installent et avec eux, des scieries, des femmes et des machines à décortiquer le riz. Dix ans plus tard, il y a déjà 6 000 habitants mais plus un seul arbre à couper“. La scierie déplace ses moteurs 100 km plus loin,  emmenant les bûcherons les plus expérimentés. Restée en retrait, au chômage mais sédentarisée, la population se transforme en « municipio » à la marge du front pionnier qui lui, continue encore et toujours d’avancer. « Il y avait 150 municipios en 1970. Il y en a 500 aujourd’hui » ajoute Martine Droulers. En 30 ans, 350 nouvelles « municipalités » ont vu le jour dont certaines, aussi grandes que le Portugal.Toutes les grandes exploitations ont ainsi été gagnées sur la forêt par les paysans pauvres des années 70, venus dans le sillage des scieries.

Mesures réglementaires : une gestion durable de la forêt

Lula, qui a fait de la déforestation son principal argument climatique, assure vouloir tout mettre en œuvre pour atteindre ses objectifs de réduction de CO2.« Il n’est pas nécessaire de détruire encore un seul arbre en Amazonie, a-t-il déclaré. Celui qui le fait commet une illégalité et surtout, un crime contre l’économie brésilienne ». Il demande que la réglementation soit appliquée là où la plus grande augmentation de destruction d’arbres a eu lieu : le Mato Grosso (9 bovins par habitants, 54% de la déforestation récente), le Para (18%) et le Rondonia (16%), notamment. Le Ministre de la Justice a également annoncé la création de 13 nouveaux postes de réglementation en Amazonie : onze fixes, un fluvial et un aérien  ainsi que le déplacement de 780 agents de la Police Fédérale de la Force Nationale de Sécurité et de l’Ibama (Institut Brésilien de Protection de l’Environnement). Parallèlement à la répression, le développement d’autres revenus pour les agriculteurs doit être mis en œuvre. Mais cela suppose des investissements dans la restauration des pâturages abîmés, des normes de certification pour structurer le secteur, en encourageant la petite production familiale et en récompensant, grâce aux mécanismes globaux de compensation climatique, une gestion durable de la forêt.

Posted by DC and filed under 0. NEWS & ACTUALITES, 1.3 La reforestation | No Comments »

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